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La culture de la
vigne dans notre région fut apportée
et développée par les moines de
l’Abbaye de Filly, territoire de Sciez-sur-Léman
, où cherchant les terrains les plus propices
à la viticulture, ils achetèrent
des terres sur les pentes du coteau de Boisy.
C’est ainsi qu’ils établirent
le premier vignoble sur les terres du Domaine
de la Tour de Marignan. Nous lisons dans "Mémoires
et Documents" publié par l’Académie
Salésienne : "Le 31 mars 1258, Jean
de Rovorée déclare avoir reçu
de l’abbé de Filly 160 livres genevoises
pour prix des terres que lui et son père
possédaient à Sciez-sur-Léman
sous le nom d’albérgement de Marignan".
Il s’agissait de la Tour de Marignan, maison
forte, aux murs épais, sise au pied des
monts de Boisy.
Les moines sont des maîtres en matière
de culture et dégustateurs experts. Très
vite, la vigne couvre les pentes du mont. Le 28
mars 1391, Guillaume de Lugrin, abbé de
Filly ratifie une vente passée dans le
pressoir de la Tour de Marignan. Ce lieu où
l’on sélectionne les meilleurs plants
de vigne, et qui des moines de Filly est passé
aux de Budé, puis aux Turettini, enfin
à Jean-Marie Suchet, produisait déjà
un vin renommé. Les procédés
de vinification, fruit de l’expérience
des moines, notamment pour le vin pétillant,
sont ceux en usage à l’heure actuelle.
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On ignore le blason de Jean de la Tour, premier propriétaire
de la Tour de Marignan, mais les Budé avaient
comme blason "d’argent au chevron de gueule,
accompagné de trois grappes de raisin d’azur,
deux en chef et une en pointe". Après l’invasion
bernoise de 1535, les vins de Marignan obtinrent l’autorisation
d’être exportés dans le Pays de Vaud.
Cette entorse aux barrières jalouses du régime
féodal n’aurait jamais pu être sollicitée
ni obtenue s’il ne s’était agi d’un
produit de haute réputation. En 1894, le phylloxéra
diminue les vignobles qui sont replantés courageusement.
Vers 1930, les viticulteurs de Marignan font la toute
première partie du Syndicat des Vins de Savoie
à Chambéry, qui sous la conduite de M.
Besson, puis de M. Godard défend avec honnêteté
et efficacité les viticulteurs de Savoie et de
Haute-Savoie.
Le Marignan, conservé d’octobre à
mars-avril dans des fûts de chêne, pressé
la plupart du temps dans de vénérables
pressoirs à vis, vinifié comme le faisaient
nos ancêtres, est apprécié des connaisseurs
pour son parfum, son terroir savoureux, son pétillant
naturel. Bien que le climat du Chablais soit parfois
très rude (gelées de printemps), la proximité
du lac Léman apporte en fin d’été
la douceur ambiante nécessaire au mûrissement
parfait du raisin. Ce raisin est le fruit du Chasselas,
fendant vert et roux. Les jeunes viticulteurs, fiers
de leurs vieilles traditions, greffent et sélectionnent
eux-mêmes leurs plants. Aujourd’hui trois
viticulteurs se partagent la production. |