| Sciez-sur-Léman,
il était une fois…Il y a quelques 12 000
ans avant Jésus-Christ, l’énorme
glacier qui descend du Haut Valais jusqu’à
Lyon commence à se retirer. Un climat polaire
règne. L’homme n’a pas encore pu
s’installer dans un paysage qui se met peu à
peu en place. Une partie basse le long de la baie de
Coudrée, une terrasse plus élevée
sur laquelle est maintenant la commune de Sciez-sur-Léman,
le tout dominé au sud par le mont de Boisy et
par une terrasse plus élevée, la forêt
de Planbois.Dans la baie de Coudrée, partie la
plus large du lac, des vents violents nord-est et sud-ouest
soulèvent des vagues longues et creuses, celles-ci
redistribuent en direction du fond de la baie les dépôts
fin sous-lacustres installés sur des épaisseurs
de 5 à 50 m, par-dessus les moraines de fond
du glacier. Lorsque les sables sont à nu, le
vent les entraîne à l’intérieur
des terres, constituant entre l’embouchure du
Foron et Excenevex un système de dunes exceptionnelles
en Europe. Ce phénomène se poursuit encore
de nos jours. Vers l’an 1800 avant Jésus-Christ,
les Ligures puis les Celtes ( dits Allobroges ) commencent
à façonner un paysage agraire de loin
semblable à celui que nous connaissons.
Mais c’est la période gallo-romaine qui
organise véritablement notre commune ; elle est
à l’origine de nos hameaux et de l’axe
routier de Genève au Valais. Outre la découverte
du thermalisme et la mise en évidence de plusieurs
sources reconnues à Sciez-sur-Léman, de cette période
prospère nous tenons également l'essentiel
de notre toponymie locale.
Au VI eme siècle, vers l’an 520, le roi
burgonde Sigismond donne à l’abbaye de
Saint-Maurice-d’Agaune en Valais presque toute
la rive sud du Léman, dont un point fortifié
dit « Foron » sera installé dans
la baie de Coudrée pour protéger le commerce
du sel venu de Franche-Comté par le lac. C’est
le peuple burgonde ( dit Sabaudia ) qui est à
l’origine du christianisme catholique dans le
chablais.

500 ans plus tard, vers 1026, apparaîtra pour
la première fois le nom de Sciez-sur-Léman dans un document
officiel. Il s’agit d’un acte de donation
de territoire ou manse, qui est à l’origine
de l’Abbaye de Filly aujourd’hui disparue.
Les moines défricheurs apporteront la culture
de la vigne - évoquée par ailleurs - et
au XVI éme siècle, l’industrie tuilière.
On pense généralement que compte tenu
de sa situation frontière entre deux zones d’influence,
celle de Genève d’une part et celle du
Chablais savoyard de l’autre, le nom de Sciez-sur-Léman
signifierait « limite », du celtique SIE,
SY, SCIA, à moins que n’aient raison les
romanisants qui font dériver Sciez-sur-Léman de SIGIACUS,
villa du colon SIGIUS à l’emplacement du
chef-lieu actuel. De 1536 à 1567, Sciez-sur-Léman connaît
l’occupation bernoise. Trente ans d’occupation
ont laissé des traces et l’on dit encore
aujourd’hui « Dur comme la justice de Berne
», proverbe significatif.
C’est saint François-de-Sales qui, en
1594 et 1598 fera triompher la contre-réforme
catholique dans le Chablais. En 1798, Genève
fut réunie à la France et devint le chef-lieu
du département dit du Léman, dont Sciez-sur-Léman
fera partie, mais ce n’est qu’en 1814, au
Traité de Paris, que le canton de Thonon, dont
Sciez-sur-Léman, retrouvera l’autorité de ses anciens
princes de la Maison de Savoie devenus rois de Sardaigne.
Après l’annexion de la Savoie à
la France en 1860, c’est un habitant de Sciez-sur-Léman,
Monsieur Anatole Bartholoni, qui devint le premier député
du département. Telles sont les grandes lignes
de notre histoire façonnée au fil du temps
et des hommes, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui,
amoureux de leur passé et de leur histoire, mais
délibérément tournés vers
l’avenir de Sciez-sur-Léman. |

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